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Ethnonationalisme et violence: des insurrections Banyamulenge aux revendications Kongo. Dilemme de sécurité intersociétal en République démocratique du Congo

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Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International

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La présente thèse a pour objectif de comprendre la propension des groupes ethniques à adopter des attitudes ethnonationalistes lorsqu'ils se trouvent en situation d'insécurité. Elle propose une analyse axée sur les sources du conflit et suggère de considérer les doléances des organisations concernées comme un point de départ essentiel pour un examen approfondi des conflits à caractère ethnique. Une étude comparative asymétrique des cas des Banyamulenge et des Bakongo en République démocratique du Congo fournit des éléments pertinents pour appréhender la manifestation de ce phénomène. Pour éclairer les questions fréquentes concernant la tendance des groupes tels que Banyamulenge à s’engager dans la guerre et la violence, nous avons élaboré un cadre théorique centré sur le dilemme de sécurité intersociétal. Ce contexte d’incertitude et de méfiance se manifeste lorsque le pouvoir public, affaibli, fragilisé et dépourvu de ressources, devient incapable d’assurer la sécurité de tous. Un tel environnement incite inévitablement les groupes ethniques, préoccupés par leur survie, à se replier sur leur identité et à prendre des mesures pour se protéger. Dans cette thèse, nous proposons que le cycle d’insurrections des Banyamulenge dans l’est de la RDC peut être compris comme le produit de ce dilemme, bien que la recherche de gains économiques demeure la motivation centrale de certains membres de l’élite banyamulenge. Nous nous concentrons particulièrement sur la milice d’autodéfense Twirwaneho dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, dont la composition homogène et le récit génocidaire illustrent bien cette volonté de mobilisation pour une auto-assistance. La situation des Banyamulenge est ensuite comparée à celle des Bakongo dans l’ouest du pays, dont les aspirations nationales sont plus marquées, notamment à travers le mouvement ethnoculturel Bundu Dia Kongo. Cependant, chez les Banyamulenge, il existe une influence accrue d'une ethnie tutsie parente située à l'étranger, dans la lutte pour l'autodéfense, voire l'autodétermination. Cela n’empêche pas Bundu Dia Kongo d'utiliser sa propre « coethnicité » étrangère, disséminée à travers l'ancien territoire du Royaume Kongo, comme argument pour raviver la nation kongo et envisager un avenir où les Bakongo y vivraient. Dans les deux cas, la violence est présente, bien qu'à des niveaux d'intensité différents, qu’elle émane des communautés ethniques rivales ou de l'État congolais lui-même. Cette thèse vise à apporter une contribution significative à l’étude des phénomènes ethnonationaux, en mettant en lumière l’expérience locale des communautés observées. Ce choix justifie l’adoption d’une approche phénoménologique, pertinente pour saisir les perceptions des groupes. La combinaison de cette approche avec une méthode déductive structurée autour de la théorie du dilemme de sécurité intersociétal offre une opportunité substantielle pour suivre le parcours des groupes ethniques en conflit, depuis l’expression des doléances jusqu’à l’affirmation ethno nationale ou à des attitudes considérées comme telles.

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Ethnonationalisme, violence, Banyamulenge, Bakongo, RDC, dilemme de sécurité intersociétal

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