Le discours sur l’économie informelle en Côte d’Ivoire de 2000 à 2020
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La Côte d'Ivoire déclare constamment que son objectif est de devenir un participant actif de l'économie mondiale d'ici 2030. À son crédit, son économie a connu une croissance régulière ces dernières années et son environnement politique est devenu beaucoup plus stable après des décennies de turbulences. Pourtant, et malgré ces affirmations, comme de nombreux pays en développement, le secteur informel reste important. Peu de progrès ont été réalisés pour intégrer ce secteur malgré l'acceptation générale par les institutions mondiales - telles que la Banque mondiale et le FMI - que la formalisation est une étape nécessaire dans le développement économique d'un pays. Si les travailleurs informels contribuent invariablement à la performance économique de la Côte d'Ivoire, on sait peu de choses sur l'ampleur et la portée réelles de leurs activités et sur l'évolution de leur productivité au fil des ans. De plus, les travailleurs informels sont privés des ressources publiques et légales nécessaires à l'amélioration de leurs conditions sociales et économiques, à l'augmentation de la productivité et à la stabilité politique du pays, durement gagnée. Dans cette optique, ce mémoire étudie l'évolution du développement économique de la Côte d'Ivoire au cours des deux dernières décennies, en se concentrant en particulier sur son discours sur le secteur informel. Nous examinons également le discours de ses partenaires financiers et de ses mentors afin d'essayer de saisir les pressions externes exercées sur le pays pour qu'il formalise son économie. Pour ce faire, nous réalisons une analyse de contenu des documents du gouvernement et des partenaires financiers publiés durant cette période, en encadrant notre interprétation par une approche légaliste (Roubaud, 2014). De manière surprenante, et malgré l'accent mis sur la formalisation des économies dans la littérature sur les économies en développement, nous avons trouvé relativement peu de références à des
recommandations directement liées au secteur informel. Cela soulève des questions intéressantes sur la volonté du pays de formaliser son économie, la faisabilité de l'échéance de 2030 et la pertinence de l'encadrement par des partenaires extérieurs.
