Repository logo

Éthique de l’immigration : Un enjeu qui nous concerne tous Une analyse sur la politique de l’immigration au Canada vue sous l’angle de l’éthique de l’hospitalité.

Loading...
Thumbnail ImageThumbnail Image

Date

Journal Title

Journal ISSN

Volume Title

Publisher

Abstract

Le Canada se dit une nation d’immigrants et l’immigration représente une composante fondamentale de la perception que les Canadiens se font de leur pays. D’après Statistiques Canada, au cours des 150 dernières années, la population du Canada est passée à plus de 35 millions en 2016 et cette augmentation est attribuée en majeure partie à l’immigration. Au cours des dernières décennies, alors que le taux de natalité était en décroissance au Canada, l’immigration, elle, a représenté une grande partie de la croissance de la population. Des six millions d’habitants qui s’ajoutent à la population canadienne, entre 1996 et 2016, les deux tiers, soit quatre millions de personnes, sont des immigrants. Le constat est donc que l’immigration occupe une place centrale que ce soit sur le plan démographique ou économique et va continuer à l’être pour le Canada. D’où l’importance de se pencher sur cette question et d’adapter les politiques en immigration à cette réalité toujours changeante. Il est tout aussi important de noter que la problématique de la migration ne se limite pas uniquement à une question politique, mais bien plus que ça. Elle évoque également la question de l’identité humaine, celle de la quête humaine de son identité qui n’est jamais définie une fois pour toutes mais qui est en constante évolution. En d’autres mots, « l’immigré nous révèle notre propre exil, cet exil dont nous préférons la plupart du temps ne rien savoir parce qu’elle atteste notre condition et ce que nous avons tous en partage ». Dès lors, reconnaître que l’immigration n’est pas un sujet facile à aborder car elle nous fait non seulement sortir de nos zones de confort et nous confronte à l’inconnu, mais elle remet également en cause nos valeurs, nos modes de pensée et nos convictions par rapport à l’étranger. ll est donc plus souvent facile de trouver ses aspects négatifs plutôt que ses côtés positifs sans toutefois reconnaître que l’immigration fait partie intégrante de ce que le Canada est comme nation et qu’il devra continuer à s’ouvrir au monde tout en intégrant de nouvelles réalités à ses valeurs fondamentales. C’est ce qui en fait une nation multiculturelle. Les théories qui existent sur les politiques en matière d’immigration se concentrent généralement sur les règles normatives régulant ces politiques et très peu sur l’application de celles-ci dans les décisions prises à l’égard des immigrants. La problématique posée dans ce travail va se concentrer sur l’application de cette politique et l’impact que celle-ci va avoir sur les personnes qui immigrent au Canada, plus particulièrement les demandeurs d’asile. On distingue principalement deux groupes de personnes qui immigrent, la catégorie des immigrants économiques et la catégorie des demandeurs d’asile. D’une part, la politique en place privilégie les immigrants économiques, du fait qu’ils vont contribuer rapidement à l’expansion économique du Canada. Ces immigrants économiques sont choisis sur une base de critères de sélection en fonction par exemple de leur niveau d’études, compétences linguistiques etc. D’autre part, bien que le Canada ait souscrit à la Convention de Genève relative au statut des réfugiés (art.26, 32), une analyse de la politique d’immigration va révéler une mise en place d’une série de mesures ayant pour effet d’empêcher l’entrée au Canada de personnes vulnérables qui cherchent la protection. En vertu par exemple de la loi de l’Entente sur le tiers pays sûr avec les États-Unis, les demandeurs d’asile qui se présentent à la frontière canadienne sont refoulés vers les États-Unis où leurs droits risquent de ne pas être respectés. Des questions se posent alors par rapport au respect des droits des réfugiés et des demandeurs d’asile et les obligations que le Canada a comme signataire de la convention de Genève relative au statut des réfugiés. Une analyse du système de points pour la sélection des immigrants économiques va aussi révéler la nature dominatrice et exclusive de la politique d’immigration en place. En effet, le système de points permet de trier les meilleurs candidats et d’exclure ceux qui ne remplissent pas les critères désirés. A travers l’éthique de l’hospitalité, sur la base du travail d’Innerarity, nous allons distinguer deux types d’hospitalité : une hospitalité d’appropriation et une hospitalité de réceptivité. L’hospitalité d’appropriation, comme l’écrit Daniel Innerarity, sur la base de la critique que Levinas formule à ce sujet, «ne peut être qu’une réception s’appropriant l’étranger, qui ne modifie en rien le sujet centré sur soi. Dans ce cas-ci, le visiteur serait plutôt un otage, et l’hôte un ravisseur. » L’hospitalité de réceptivité quant à elle est une approche plus ouverte à l’étranger. L’hospitalité de réceptivité sera l’approche qui sera privilégiée tout au long de ce travail et qui pourrait nous offrir des solutions alternatives vers des politiques d’immigration et d’intégration plus inclusives. Ce travail va également illustrer sous l’angle de l’éthique de l’hospitalité, les liens étroits existants entre les politiques d’immigration et les politiques de multiculturalisme avec le libéralisme du bien commun de Charles Taylor.

Description

Keywords

Citation

Related Materials

Alternate Version