Victime, survivante, battante : comment crient-elles leur colère ? Se (re)construire après une agression sexuelle : l'expérience de jeunes femmes françaises, positionnements identitaires et stratégies de coping

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Université d'Ottawa / University of Ottawa

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Résumé

Le 2 novembre 2020, une vie bascule, celle de Gisèle Pelicot. Mais chaque jour dans le monde, c'est aussi celle d'un nombre incalculable de femmes qui virent au cauchemar : les violences sexuelles peuplent le quotidien d'une société gouvernée par un patriarcat tyrannique et sexiste. Cet écrit se penche sur le viol et l'agression sexuelle comme faits de société, et s'interroge sur le statut de celles qui l'ont vécu, constatant ainsi comment patriarcat et culture du viol collaborent pour perpétrer une légitimité des hommes - et de certaines femmes - à exercer un contrôle sur le corps, et par extension l'identité des femmes. Le témoignage apparaît alors comme un outil clé pour se défaire des injonctions sociales : victime aux yeux de la société, mais pas toujours, et pas seulement. Néanmoins, les tentatives de reprise de pouvoir sur sa propre identité sont constamment freinées par une autre sorte d'injonction : de la « bonne » victime à la « mauvaise » survivante et, envers et contre tous, toujours « battante ».

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Mots-clés

violences sexuelles, patriarcat, culture du viol, féminisme, résistance

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