Lionel Groulx, les minorités françaises et la construction de l'identité canadienne-française : étude d'histoire intellectuelle.

Description
Title: Lionel Groulx, les minorités françaises et la construction de l'identité canadienne-française : étude d'histoire intellectuelle.
Authors: Bock, Michel.
Date: 2002
Abstract: Cette étude tente de cerner la place des minorités françaises du Canada dans l'oeuvre du prêtre-historien Lionel Groulx, l'un des principaux maîtres à penser du mouvement nationaliste canadien-français pendant la première moitié du vingtième siècle. Depuis une quarantaine d'années, la territorialisation du discours nationaliste--qui s'est recentré presque exclusivement sur le Québec--se reflète dans la production scientifique de la plupart des historiens du nationalisme canadien-français. À peu d'exceptions près, les chercheurs ont eu tendance à négliger la problématique des minorités françaises dans leurs études de la pensée de Groulx, sombrant ainsi dans une certaine forme d'anachronisme. Pourtant, le nationalisme de Groulx débordait largement le Québec et englobait les Canadiens français des autres provinces, voire les Acadiens et les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre. Son idéologie était issue, d'une manière générale, de la philosophie traditionaliste qui concevait les nations d'abord et avant tout comme des communautés de langue, de culture, d'histoire et de foi engendrées par la Providence. C'était cette philosophie qui poussait Groulx à conclure que les Canadiens français avaient reçu une mission providentielle, celle d'introduire, en Amérique, le christianisme et la civilisation européenne, mission dont ils s'étaient toujours acquittés fidèlement, selon lui. En vertu de ce raisonnement, Groulx put considérer les minorités comme les «vestiges» de l'ancien Empire colonial français, ce qui leur conférait le droit de se développer conformément à leur «génie» national. La définition organique de la nation à laquelle adhérait Groulx assignait aux Canadiens français du Québec, en tant que gardiens du «foyer» de la nation, des devoirs et des responsabilités vis-à-vis de leurs «frères» des avant-postes. Groulx prit lui-même de nombreuses mesures pour favoriser le rapprochement entre Canadiens français de tout le pays. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les jeunes historiens nationalistes, dont plusieurs étaient disciples de Groulx, cherchèrent à «moderniser» la discipline historique, à la rendre plus «scientifique». Ils bannirent donc de leur édifice conceptuel la thèse de l'intervention de la Providence dans l'histoire de la nation canadienne-française. Par conséquent, les néonationalistes croyaient trouver dans le discours sur l'objectivité scientifique la justification conceptuelle nécessaire à l'abandon des minorités françaises qui leur semblaient promises, dès lors, à la disparition. L'affrontement entre la pensée de Groulx et celle des intellectuels néonationalistes sur la question des minorités françaises illustre bien les tiraillements qui ont accompagné la mutation du discours nationaliste au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale: d'«organique» qu'il était, celui-ci tendrait de plus en plus vers une forme territoriale.
URL: http://hdl.handle.net/10393/6232
http://dx.doi.org/10.20381/ruor-11156
CollectionThèses, 1910 - 2010 // Theses, 1910 - 2010
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