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L’addiction au travail : Un trouble de santé mentale transitoire?

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Ce mémoire a pour objectif d’analyser l’émergence de l’addiction au travail à partir de son contexte social d’apparition. Plus spécifiquement, en interrogeant les liens entre les transformations sociohistoriques de la sphère du travail et l’avènement des différentes conceptualisations scientifiques de l’addiction au travail, ce mémoire vise à comprendre les rapports complexes et ambivalents qui lient la science aux normativités sociales. Nous postulons que les normes et les valeurs présentes dans une société à une période donnée sont inséparables des discours de « vérité », c’est-à-dire ceux produits par la science, lesquels contribuent à valoriser ou à décourager certains comportements. Le cadre théorique de ce mémoire s’appuie sur la théorie des niches écologiques de Ian Hacking qui postule l’existence de maladies mentales transitoires, c’est-à-dire des troubles intrinsèquement liés aux contextes sociaux historiques et aux changements normatifs, dont l’émergence exige la réunification de quatre vecteurs : la taxonomie médicale, la polarité culturelle, l’observabilité et l’évasion. Méthodologiquement, cette recherche fait une analyse documentaire d’un échantillon de 15 articles scientifiques portant sur l’addiction au travail dans les champs de la psychiatrie et de la psychologie, répartie sur une période de cinquante ans, de 1968 à 2016. Nous avons constaté au niveau de la taxonomie médicale que l’addiction au travail était d’abord conceptualisée à partir du trouble lié aux substances, puis ensuite défini en rapport avec le trouble obsessionnel-compulsif et la personnalité obsessive compulsive. Pour le vecteur polarité culturelle, nos résultats montrent la présence d’une polarité culturelle entre d’une part le workaholism (vice) et le work engagement (vertu). Le workaholic correspond à l’envers exact des normes managériales de performance, d’autonomie et d’initiative qui ne sont jamais remises en question dans les articles. L’addiction au travail s’observe au travers de la perturbation de la vie quotidienne de l’individu - l’équipe de travail devenant le lieu privilégié du repérage. On remarque aussi que dans les tests pour mesurer l’addiction au travail, la variable du temps horaire a été remplacé par un rapport au temps plus subjectif, celui du projet. En ce qui a trait au vecteur évasion, nous remarquons qu’au début la cause de l’addiction au travail était liée à l’éthique protestante pour n’être désormais qu’associée à des caractéristiques psychologiques qui s’inscrivent principalement dans des paradigmes positivistes. La surutilisation des postulats positivistes, biologiques et psychologiques en recherche fait en sorte d’occulter les dimensions sociales de l’addiction au travail, contribuant ainsi à sa pathologisation.

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