La pédérastie dans le "Banquet" et le "Phèdre" : bonheur et finitude

Description
Title: La pédérastie dans le "Banquet" et le "Phèdre" : bonheur et finitude
Authors: Gravelle, Gilles
Date: 2016
Abstract: La thèse entend démontrer que la droite pédérastie par sa dimension cyclique (dans le Banquet) et répétitive (dans le Phèdre) est une réponse à l'incarnation et à la finitude qui en découle, puisqu'en permettant à l’humain l’accès au Beau au moyen de la réminiscence (dans le Phèdre) et de la contemplation (dans le Banquet) ainsi qu’en offrant un modèle divin à imiter autant qu'il est possible, elle le conduit au bonheur. La droite pédérastie est ainsi une pratique eudémoniste. Platon affirme dans nombre de ses dialogues que le but de tout humain est le bonheur dont la vertu est l’élément constitutif. Lorsque l’expérience érotique sous l’égide d’Éros est correctement dirigée, l’humain peut satisfaire son désir de bonheur. Toutefois, la finitude humaine, qui s’exprime notamment par le caractère éphémère de toute possession, que ce soit celle de la connaissance ou de la vertu, prive l’humain du bonheur qu’il doit toujours reconquérir. Pour contrevenir à cette imperfection de nature, et s’approcher autant que possible du divin, le Banquet et le Phèdre proposent le recours à la droite pédérastie comme style de vie. La connaissance et la vertu ne suffisent pas au bonheur parce que celui-ci nous échappe toujours. Il faut une pratique ritualisée, la droite pédérastie, que l’humain peut répétée à chaque fois que le bonheur, la connaissance et la vertu disparaissent. C’est pourquoi la pédérastie est de nature cyclique. Il s’agit d’une pratique qu’il faut réitérer lorsque le bonheur n’est plus présent. Sans la répétition – dont la circularité imite l’éternité –, toute possession de la connaissance, de la vertu et par conséquent du bonheur est vouée à la disparition. La connaissance, la vertu et le bonheur laissent place à l’ignorance, l’intempérance et au malheur. Bien que la corporéité de l’humain soit problématique puisqu'elle porte en elle la finitude, ces deux dialogues ne proposent pas de vivre dans la pure intellection. Le corps est en effet la première étape de l’initiation érotique. Bien que la contemplation du Beau ou sa réminiscence ne soit pas immédiatement accessible, par la présence du corps désirable, l’élan érotique porte l’âme incarnée vers les belles choses, c'est-à-dire en dernier ressort vers le bonheur. La solution à la finitude humaine se découvre au cœur même de sa manifestation : le corps.
URL: http://hdl.handle.net/10393/34217
http://dx.doi.org/10.20381/ruor-5603
CollectionThèses, 2011 - // Theses, 2011 -
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