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Le chantier de l'égalité, "un triomphe incomplet": Les femmes tunisiennes entre rénovation et conservatisme

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University of Ottawa (Canada)

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Dans cette thèse, nous souhaitons identifier comment l'État tunisien a-t-elle parvenu à formuler une équation équilibrée entre les concepts de la modernité et les dogmes d'un islam traditionnel et Comment l'émancipation des Tunisiennes a-t-elle été rendue possible. Les questions sont multiples mais elles renvoient à un seul objectif qui est de soutenir notre hypothèse: le droit de la famille tunisien, tout en étant l'élément déclencheur et déterminant de la promotion des femmes, reste une norme juridique qui peine à se demarquer, dans certains de ses aspects fondamentaux, de la lecture et de l'interprétation encore uniformes d'un corpus de lois découlant du droit et de la tradition musulmans. Pour voir clair, un retour vers le passé, c'est-à-dire vers l'étape de la colonisation, s'avère important et ce, d'autant plus que cela nous permettra de mieux saisir les acquis des femmes d'aujourd'hui. C'est précisement ce que nous nous proposons d'exposer dans la première partie de notre thèse. Nous avons essayé, en premier lieu de définir le droit musulman; nous en retracerons l'historicité; nous présenterons les droits qu'il accorde aux femmes musulmanes; nous étudierons leur application dans la Tunisie d'autrefois et, enfin, nous retracerons la genèse du discours émancipateur. Suite à l'intervention coloniale, le monde moderne n'etait plus une donnée abstraite et lointaine, mais devenait omniprésent. La réaction des Tunisiens fut ambivalente; tirailles entre la crainte et l'envie, la répulsion et la fascination, toute tentative pour modifier la situation des femmes se voyait qualifiée de francisation de l'identité tunisienne. Une identité que les Tunisiennes étaient sommées de protéger. Aussi leur statut restait-il régi par des prescriptions coraniques, certainement mal interprétées, et des pratiques sociales ancestrales les plaçant sous la soumission inconditionnelle des hommes et empêchant toute tentative d'émancipation. La seule chance de voir ce statut évoluer vers une plus grande égalité aura été d'accepter de porter un regard plus critique sur l'interprétation du Coran. Il s'agissait de procéder à une lecture libérale du texte coranique par référence à ses fins, c'est-à-dire d'avancer une interprétation évolutive du Coran afin d'octroyer aux femmes la place qui leur revenait selon une religion bien comprise. Telle fut l'intention de Tahar Haddad, le défenseur de la cause des femmes, qui a été frappé d'ostracisme à cause de ses idées. T. Haddad a bouleversé l'approche traditionnelle et dogmatique du droit musulman en proclamant l'égalité entre les hommes et les femmes pour préconiser une réforme juridique totale du statut des Musulmanes. Heureusement, ses thèses réussirent à briser les barrières de la répression pour pouvoir toucher les esprits des Tunisiens et ses idées furent reprises par la nouvelle équipe dirigeante de la Tunisie indépendante. La seconde étape de notre thèse consiste à analyser le statut juridique des Tunisiennes à travers le Code de statut personnel, lequel a permis de réparer les grandes injustices qui pesaient sur les femmes jusqu'à l'indépendance. Cette étude du droit tunisien est très vite investie par une interrogation sur le rapport de ce Code a l'héritage islamique. Un Code qui paraît tantôt traditionnel, tantôt moderne. En effet, le Code de la famille a marqué ses distances par rapport à l'oeuvre des jurisconsultes musulmans d'une part, mais il est resté fidèle à une certaine interprétation classique, d'autre part. Sans faire table rase du passé, il a essayé de s'ouvrir sur la modernité afin de propulser la société tunisienne sur la voie du développement. La démarche que le législateur a suivie est particulière: il s'est efforcé de rester fidèle au droit musulman tout en reformant le droit de la famille chaque fois que ses solutions ne s'ajustaient pas aux impératifs de la modernisation de la société tunisienne et chaque fois qu'une relecture du Coran était possible. Arrivée au terme de cette étude, nous pouvons affirmer que le Code du statut personnel a joué un rôle déterminant dans la modernisation du statut des Tunisiennes et dans la transformation des mentalités. Malgre les insuffisances de certaines de ses règles juridiques et le caractère discriminatoire de quelques dispositions, ce Code est résolument moderne. En réalité, il a été et demeure un vecteur de changement de la société tunisienne, en général, et du statut des femmes, en particulier. Ainsi, l'exemple tunisien démontre que l'émancipation des femmes musulmanes est non seulement possible mais faisable. La Tunisie a su adapter et réactualiser un droit ancestral, enraciné dans le sacré et consacré dans la pratique par une tradition difficile a contester. (Abstract shortened by UMI.)

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Source: Dissertation Abstracts International, Volume: 68-04, Section: A, page: 1632.

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