L'enjeu spirituel des enfants non baptisés: La protection des enfants à naître et des nouveau-nés dans le gouvernement de Montréal entre 1693 et 1760
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University of Ottawa (Canada)
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Cet ouvrage s'intéresse à la protection des enfants à naiîre et des nouveau-nés en raison de l'enjeu spirituel particulier auquel étaient confrontés ces derniers. Entre 1693 et 1760, le tribunal royal de Montréal eut ainsi à traiter diverses causes impliquant directement (grossesse cachée, avortement, infanticide et abandon) ou indirectement (violence sur femme enceinte, séduction, viol et paternité) des enfants à naître et des nouveau-nés. En fait, les crimes perpétrés contre des enfants non baptisés étaient perçus aux yeux de la société traditionnelle comme étant très graves non-seulement parce qu'ils étaient susceptibles de priver un être de la vie, mais surtout parce qu'ils risquaient ainsi d'empêcher l'âme de ce dernier d'entrer au paradis, la condamnant à errer dans les limbes pour l'éternité. Pour cette raison, l'Église, secondée par l'État, entendait réprimer sévèrement les crimes commis envers cette catégorie d'individus. Cependant, les délits tels l'avortement et l'infanticide étant généralement commis en toute clandestinité, peu de ces cas se retrouvèrent devant les tribunaux de la Nouvelle-France. En contrepartie, de nombreuses causes de violence sur des femmes enceintes, de séduction, de viol et de paternité furent intentées devant le tribunal royal de Montréal, les plaignants pouvant dans ces cas espérer un dédommagement favorable. Le système judiciaire de la colonie, ne pouvant compter uniquement sur ses effectifs insuffisants pour retracer les criminels, dépendait grandement de l'aide de la population à cet effet. Or, même dans les cas de crimes graves, impliquant notamment des enfants à naître ou des nouveau-nés, lorsque les membres de la communauté n'avaient rien à gagner dans la dénonciation, ceux-ci préféraient souvent s'abstenir de livrer le coupable aux autorités ou encore régler l'affaire par le biais d'une transaction infrajudiciaire.
Si les lois et ordonnances relatives à la protection des enfants à naître et des nouveau-nés implantées dans la colonie démontrent une volonté des législateur de châtier sévèrement tout coupable, l'étude des dossiers judiciaires révèle plutôt que les magistrats avaient tendances à prononcer des jugements moins durs que ceux prescrits par la loi. Le fréquent manque de preuves, le climat de tolérance commençant à s'installer dans la société occidentale de même que la volonté d'émettre des jugements avantageux pour la partie lésée jouèrent un rôle en ce sens. Ainsi, bien qu'en théorie tout menait à une répression rigoureuse des crimes commis à l'égard des enfants non baptisés, leur répression réelle s'avéra dans les faits plutôt limitée.
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Source: Masters Abstracts International, Volume: 47-06, page: 3255.
