L'interférence contraceptive dans les relations intimes des adultes émergents
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Université d'Ottawa | University of Ottawa
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L’autonomie contraceptive, qui renvoie aux conditions nécessaires pour qu’une personne puisse déterminer ses préférences en matière de contraception et soit en mesure de mettre en œuvre ses décisions, est une composante essentielle de la santé sexuelle et reproductive. Ces conditions sont notamment influencées par les déterminants sociaux de la santé sexuelle et reproductive, ainsi que les normes sociales qui traversent les relations intimes. Dans le contexte canadien, ces normes sociales impliquent, par exemple, de faire porter la responsabilité contraceptive principalement aux femmes et aux personnes d’autres identités de genre susceptibles de devenir enceint.es, ou de prioriser le plaisir sexuel masculin au détriment d’une sexualité sécuritaire. Dans cette perspective, un champ de recherche émergent explore les situations où, bien qu’une personne souhaite exercer son autonomie contraceptive, celle-ci est freinée ou empêchée par les comportements d’un partenaire intime. Ces situations renvoient à de l’interférence contraceptive, laquelle réfère à tout comportement visant à entraver l’usage souhaité d’une méthode de contraception ou d’une méthode barrière. Ce type de comportement peut se situer au croisement d’autres formes de violence, telles que la violence sexuelle, psychologique, émotionnelle, physique, ou encore le contrôle coercitif.
Cette thèse doctorale par articles s’appuie sur une étude qualitative et une étude quantitative pour documenter les situations d’interférence contraceptive rapportées par les jeunes femmes et les personnes trans et non binaires de 16 à 25 ans. L’objectif est de mieux comprendre les formes que prend l’interférence contraceptive dans les relations intimes, ses répercussions sur la santé, le bien-être et la sexualité, ainsi que sa prévalence. En adoptant des perspectives féministes et en s’intéressant à l’équité en santé sexuelle et reproductive, cette thèse explore comment l’autonomie contraceptive est compromise dans ces contextes.
Les résultats mettent en évidence une diversité de formes d’interférence contraceptive, allant de la résistance à l’usage du condom, en passant par la manipulation et le contrôle liés à l’usage, ou non, d’une méthode contraceptive ou prophylactique, jusqu’à l’imposition de relations sexuelles non protégées. Les conséquences rapportées sont significatives et peuvent perdurer après la fin de la relation intime. Celles-ci renvoient à la perception de soi et des autres, au rapport à l’intimité et à la sexualité, ainsi qu’au bien-être mental. La majorité des jeunes ayant participé à l’enquête quantitative rapportent avoir vécu au moins un de ces comportements en relation intime.
Ces constats appellent à une reconnaissance accrue de l’interférence contraceptive dans les pratiques de prévention, de dépistage et d’intervention en santé sexuelle et reproductive. Ils soulignent également l’importance de poursuivre son exploration conceptuelle et empirique afin de mieux comprendre cette forme de violence spécifique.
Description
Keywords
Santé des populations, Relations intimes, Contraception, Violence entre partenaires intimes, Équité en santé
