Comment l’approche résiliente contribue à améliorer la durabilité des interventions humanitaires et de développement : Exemple du Yémen

Description
Title: Comment l’approche résiliente contribue à améliorer la durabilité des interventions humanitaires et de développement : Exemple du Yémen
Authors: St-Pierre, Anne
Date: 2021
Abstract: Les motivations derrière les actions d’aide internationale sont multiples, varient et s’entrecroisent. Pour certains acteurs de l’aide sur la scène mondiale, une assistance est apportée dans le but de soulager des souffrances ou des difficultés. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’un moyen d’étendre son influence à l’échelle internationale ou dans des zones plus spécifiques. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) tend cependant à croire qu’une tendance plus grande s’ajoute désormais aux motifs de l’aide, soit celle de garantir une plus grande sécurité globale (OCDE, 2020, Objectifs et motivations). De nombreux États, et aussi organisations non gouvernementales (ONG), membres de la société civile, etc., comprennent maintenant que les répercussions des problématiques de sécurité internationale ont la capacité d’être dommageables pas uniquement sur la scène mondiale, mais également en ce qui a trait aux enjeux de sécurité nationale. Suivant cette observation, l’existence d’une relation entre les intérêts nationaux en matière de sécurité et les enjeux de sécurité globale apparaît clairement. L’aide internationale, notamment dans les zones de conflit où la sécurité est mise à l’épreuve, représente alors un des outils pour assurer cette dite sécurité globale. Lorsque les menaces à la sécurité sont traitées au plus près de la source, les résultats sont bénéfiques pour l’ensemble. Pour que cette sécurité mondiale soit efficiente et que les efforts d’aide soient maximisés, une dimension essentielle à considérer est celle de la durabilité. Ce facteur majeur s’inscrit dans un objectif environnemental, mais aussi dans la visée de ne pas devoir recommencer les actions d’aide internationale chaque fois qu’un nouveau choc ou catastrophe survient dans d’une région. Les enjeux de la durabilité sont tangibles et ne manquent pas de soulever nombreuses questions et discussions. Dans le cadre de ce travail de recherche, différentes réflexions guideront les prochaines pages et permettront un rapprochement vers une meilleure compréhension et possiblement vers des méthodes d’assistance plus efficaces et durables. Lorsque l’on se questionne si le simple fait d’apporter une aide est suffisant dans une optique de long terme, il apparaît que la réponse soit négative. L’action d’apporter une aide internationale, simplement, sur les plans de l’humanitaire ou du développement, ne satisfait plus aux exigences nouvelles ou repensées de ce que l’on souhaite pour la communauté internationale, notamment en matière de sécurité. Nous devons alors nous demander : Est-ce que le concept de durabilité, de plus en plus discuté et omniprésent, peut survivre sous les « conditions » actuelles de l’aide internationale? En réponse aux difficultés, quelle orientation doit, ou peut, guider cette aide internationale? L’approche de la résilience se distingue dans les tendances des relations internationales en réponse à ces problématiques et elle guidera la présente analyse. La question principale de recherche est donc la suivante : Comment l’approche résiliente contribue à améliorer les interventions humanitaires et de développement à travers des mécanismes favorisant l’harmonisation et la durabilité des activités ainsi qu’une meilleure sécurité locale et globale. La résilience a déjà commencée à teinter les nouveaux alignements de l’aide internationale en touchant de près et de loin les enjeux de sécurité internationale comme nationale ainsi que les problématiques qui affectent la relation entre les acteurs de l’aide humanitaire et ceux œuvrant dans l’univers du développement international. Avant de discuter de la notion de résilience, il sera important de saisir le contexte dans lequel elle s’inscrit et les défis auxquels elle se confronte. Pour ce faire, il y aura d’abord une présentation méthodologique qui orientera le lecteur sur les bases et visées de cette recherche. Nous couvrirons par la suite des éléments problématiques qui affectent la relation entre l’humanitaire et le développement. Cette section abordera notamment les concepts de fragmentation de l’aide et d’hypercollectivité qui peuvent être réduit par les pratiques de la résilience. Une fois ce survol complété, il sera discuté la problématique de durabilité, ainsi que celle relationnelle, touchant les acteurs de l’aide internationale en abordant une vision axée sur la résilience. Le cœur du travail se concentrera ensuite sur l’objet de recherche principal qu’est la notion de résilience. Une revue des débats et discussions sur le sujet nous permettra de cibler le type de résilience à privilégier afin d’assurer une meilleure durabilité des activités d’aide internationale. Le concept de Resilience Building sera discuté ainsi que ses avantages, exemples, risques et désavantages. Dans un dernier temps, une réflexion sera menée à travers l’étude du cas yéménite. Il y sera abordé une vision de résilience post conflit potentielle pour le Yémen qui connaît depuis quelques années déjà une des pires crises humanitaires. L’objectif de cet exercice sera tout d’abord d’assurer une mise en contexte du conflit, de ses motivations et des conséquences. Ensuite, nous pourrons décortiquer ce qui fait du Yémen un bon candidat à l’approche résiliente et nous brosserons un portrait de la présence humanitaire sur le terrain afin de mieux saisir la place que la résilience commence déjà à occuper et les mécanismes sous laquelle elle opère. Puis, en guise de conclusion, il sera question de générer certaines recommandations à l’égard des projets futurs sur le territoire yéménite.
URL: http://hdl.handle.net/10393/41827
CollectionDIM - Mémoires // IDGS - Research Papers
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