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La (non) reconnaissance sociale du décès/deuil périnatal : Variations spatiales, temporelles et interactionnelles

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Université d'Ottawa / University of Ottawa

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Cette thèse porte sur le phénomène social de la (non) reconnaissance du décès/deuil périnatal. Adoptant l’approche de la théorisation ancrée, elle se propose plus précisément d’examiner le processus à l’œuvre afin de mettre en lumière la complexité qui le sous-tend et de sortir ainsi du « diagnostic » figé de sa non reconnaissance et de la vision idéalisée de la « lutte pour la reconnaissance » que permettent les rituels. En mettant l’emphase sur les modalités de la (non) reconnaissance du décès/deuil périnatal et du labeur social fourni par les mères endeuillées afin de susciter une reconnaissance ou de prévenir/contrer la non reconnaissance, cette thèse porte un regard sociologique inédit sur le phénomène de la (non) reconnaissance du décès/deuil périnatal. Plutôt que d’énumérer les instances de non reconnaissance que subissent les parents endeuillés ou les pratiques qu’ils mettent librement en œuvre, cette thèse explore et analyse les structures spatiales, temporelles et interactionnelles qui permettent ou entravent la (non) reconnaissance. Sur un plan conceptuel, cette thèse vise à sortir d’une vision unilatérale des normes sociales en matière de décès/deuil (périnatal) en élargissant la focale pour y inclure la bilatéralité des interactions sociales. Pour ce faire, elle s’appuie et élargit l’orientation théorique de Goffman. Elle vise également à dépasser la vision dichotomique des normes (soit totalisantes, soit superflues ou absentes). Sur ce point, elle s’inspire de la sociologie des émotions et de la practice theory. Conformément aux principes de la théorisation ancrée, cette thèse a permis de proposer un modèle explicatif du processus de (non) reconnaissance sociale du décès/deuil périnatal, à partir de données recueillies auprès de 23 femmes québécoises ayant perdu leur bébé en période périnatale. Loin d’être un phénomène statique, la (non) reconnaissance du décès/deuil périnatal est un processus social à la fois structuré et structurant. Il est structuré en ce sens qu’il découle des trois axes de médiation (spatial, temporel et interactionnel) et de leur croisement. Ainsi, ses variations ne sont ni totalement aléatoires, ni totalement imprévisibles et peuvent être cernées sociologiquement. Ce processus est par ailleurs structurant en ce sens qu’il façonne les interactions sociales qui s’y déploient, et plus précisément le (non) labeur social qui en découle. La cartographie sociale des dynamiques spatiales, temporelles et interactionnelles de la (non) reconnaissance sociale du décès/deuil périnatal permet, dès lors qu’on y inclut la notion de (non) congruence entre les attentes et l’expérience effective, une description et une analyse explicative des modalités du (non) labeur. Cette thèse permet ainsi de remettre en question de manière critique trois idées communément admises dans le champ du décès/deuil périnatal : premièrement, celle d’une non reconnaissance totale ; deuxièmement, celle d’une non reconnaissance irrévocable et troisièmement, celle d’une révocabilité sans contraintes. Ce faisant, la réflexion proposée dans cette thèse contribue à éviter certains écueils importants relevés dans le traitement théorique et empirique du décès/deuil périnatal.

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Keywords

deuil périnatal, (non) reconnaissance, sociologie des émotions, labeur social

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