Les mots pour le dire…L’influence de l'(in)sécurité linguistique sur l'expérience d'étudiantes de milieux francophones minoritaires canadiens inscrites aux études supérieures à l'Université d'Ottawa

Description
Title: Les mots pour le dire…L’influence de l'(in)sécurité linguistique sur l'expérience d'étudiantes de milieux francophones minoritaires canadiens inscrites aux études supérieures à l'Université d'Ottawa
Authors: Desabrais, Tina
Date: 2013
Abstract: Cette thèse présente l’expérience de dix-neuf femmes de milieu francophone minoritaire canadien inscrites aux études supérieures à l’Université d’Ottawa. Notre objectif était de voir si et comment les éléments linguistiques et l’identité, et plus particulièrement la sécurité et l’insécurité linguistique, dans le contexte francophone minoritaire, a une influence sur l’expérience des études supérieures. Des cas comme ceux présentés en filigrane dans cette thèse permettent principalement de voir l’impact que peuvent avoir la sécurité et l’insécurité linguistique sur l’expérience étudiante. Nous nous sommes plus particulièrement questionnée à savoir : En quoi l’expérience d’étudiantes de milieux francophones minoritaires canadiens inscrites aux études supérieures est-elle sous-tendue par des considérations reliées à la SL et à l’IL à l’oral et à l’écrit, en français? Quelle part les considérations reliées à la SL et à l’IL jouent-elles dans l’expérience des femmes francophones aux études supérieures? La question du choix de la langue des études et/ou de rédaction de la thèse en milieu universitaire sont-ils des indicateurs de la SL et de l’IL? Quel sens est accordé aux études supérieures par les étudiantes de milieux francophones minoritaires canadiens en lien avec la SL et l’IL? Cette thèse vient combler une lacune de au chapitre des connaissances en ce sens qu’aucune autre étude en milieu minoritaire ne porte sur les études supérieures. L’on reconnaît un vide en ce qui a trait aux études supérieures, comme s’il n’y avait plus lieu de se questionner, comme si plus nous avancions dans les années d’études, moins la spécificité culturelle et linguistique avait une influence sur l’expérience scolaire. Or, d’aucuns l’admettra, elle continue de nous habiter et d’influencer notre quotidien. L’utilisation des méthodes de la recherche qualitative, dont l’étude de cas, exploitée à trois niveaux (institutionnel, inter-cas, cas unique) et l’analyse du discours émergeant d’entretiens en face à face et en groupe, à la lumière d’une approche phénoménologique, a permis de faire valoir la voix d’étudiantes qui vivaient, au moment des entretiens, l’expérience que le contexte à la fois universitaire et minoritaire peut traduire. Au plan théorique, la théorie de l’expérience (Dewey, 1968 ; Dubet, 1994 ; Coulon, 1997) a permis d’analyser les données. Les données issues d’entretiens avec des étudiantes de milieu francophone minoritaire canadien inscrites aux études supérieures ont présenté des expériences relatives au fait d’être à la fois francophone de milieu minoritaire et femme inscrite aux études supérieures, et ont bien concrétisé l’expérience de la double minorisation, de même que les rapports de force, de domination et de minorisation. Elles ont également permis de comprendre que les étudiantes ne sont pas que des victimes : elles sont également des actrices, au sens de Giddens (1987), capables d’utiliser des stratégies d’évitement et de canalisation. Ainsi, alors que l’on peut croire que les étudiants inscrits au niveau des études supérieures ont intégré à la fois les compétences et la confiance habituellement acquises rendu à ce stade et, surtout, maîtrisé une façon d’être, de se comporter, d’interagir, voire de se représenter le monde (en un autre mot, l’habitus), force est de reconnaître, à la lecture des données de cette thèse, que cela ne va pas de soi, et que l’IL influence toujours cette expérience, et ce, bien que l’individu actualise différentes facettes de sa personnalité selon les situations. Les confrontations d’ordre social présentées tout au long de cette thèse se veulent donc révélatrices de l’accueil que réserve le milieu universitaire bilingue (français-anglais), au moment des études supérieures qui n’est, tout compte fait, pas si différent de l’accueil réservé aux jeunes francophones minoritaires au moment des études de premier cycle. En somme, le parcours scolaire de ces étudiantes représente plus concrètement l’expérience de francophones de milieu minoritaire qui (malgré d’autres facteurs décisifs), à la lumière de leur expérience à titre de femme et de leur bagage culturel et linguistique, associent parfois leur manque de confiance et leur IL à de l’incompétence.
URL: http://hdl.handle.net/10393/26263
http://dx.doi.org/10.20381/ruor-3314
CollectionThèses, 2011 - // Theses, 2011 -
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