Mercure Jolette, Frédéric2013-11-072013-11-0720092009Source: Masters Abstracts International, Volume: 48-06, page: 3341.http://hdl.handle.net/10393/28300http://dx.doi.org/10.20381/ruor-19185La grande ville moderne est un lieu de circulation capitaliste dans lequel la rétention des souvenirs et la constitution d'une mémoire collective semblent de moins en moins probables. Les schèmes traditionnels de la mémoire s'effondrent. Sous la République de Weimar, Siegfried Kracauer (1889-1966), un essayiste à la fois philosophe et sociologue, a non seulement étudié cette situation, mais il a aussi cherché un genre littéraire dans lequel le quotidien urbain moderne pourrait être representé et ainsi davantage mémorise. Ses "miniatures urbaines", en phase avec le rythme de la vie en ville, ont pour objectif de dévoiler des fragments de mémoire collective dans la grande ville. Kracauer veut offrir aux citadins un moyen de remémoration et de distanciation critique grâce auquel ils pourraient prendre conscience des contradictions qui traversent leur ville et leur quotidien, et, ultimement, agir et transformer ceux-ci. Kracauer s'oppose à l'organisation de l'espace totalement planifié et unifié corollaire du mode de production capitaliste que défend en majeure partie l'urbanisme moderne. Amoureux de la flânerie, il préfère l'aléatoire, le provisoire et le contingent. Selon lui, la rétention du temps vécu dans la grande ville moderne, condition minimale de la constitution d'une mémoire dans celle-ci, s'effectue de manière hétérogène, poreuse et improvisée. Dans les "miniatures urbaines" de Kracauer, l'espace urbain n'est pas une simple matière inerte, malléable et calculable, mais il est, d'abord et avant tout, un espace narratif irréductible, c'est-à-dire un espace contenant des histoires, ou, autrement dit, des vestiges du passé et des constellations porteuses d'avenir.149 p.frPhilosophy.Dévoiler la mémoire collective dans la grande ville moderne Une étude des "miniatures urbaines" de Siegfried KracauerThesis