Munger, Sylvain2018-05-182018-05-182018-05-18http://hdl.handle.net/10393/37723http://dx.doi.org/10.20381/ruor-21987Cette thèse cherche à expliquer le lien entre l’éclatement en fragments de l’espace global et la (re)construction de la race et de l’enclavement accompagnant la gentrification créative néolibérale au centre de la stratégie de revitalisation urbaine de Detroit. Nous affirmons que les corps et les milieux urbains sont traversés de flux à rythmes variables. D’abord, l’essor, dans un versant ascendant de vitalité économique industrielle, puis une lente stagnation, culminant dans la décadence de Detroit, ont engendré une mutation vers la nouvelle peau du modèle de la ville entrepreneuriale. Ce qui n’est pas sans induire de nouveaux rythmes d’intensification et de dépérissement qui, par leur puissance, replongent l’ancienne forme dans l’obsolescence. En utilisant la définition du médecin philosophe Xavier Bichat à l’effet que la vie est « l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort », nous montrerons que la mort n’agit pas uniformément sur tous les corps, incluant les cerveaux. Si bien que chaque organisme connait indépendamment une accélération ou un ralentissement du processus de mort à un moment ou à un autre, tout dépendant de l’environnement et du contexte matériel qui l’entourent. Nous cherchons donc à comprendre comment l’espace se décline en deux versions. Une première, présentée à travers le Detroit Future Plan de 2012, dans laquelle l’invulnérabilité s’accumule sous la forme d’un milieu urbain associé à la vitalité, accélérateur de connectivité, qui préserve, améliore et optimise le cerveau et la santé, et se destine aux jeunes entrepreneurs et aux startups. Une seconde, explorée cette fois au moyen des ruines urbaines, dans laquelle la vulnérabilité est exacerbée et où la vie s’étiole sous la forme d’un milieu urbain associé à la mort, zone de déconnection partagée entre l’aliénation, la dégradation et la sénescence des corps et de l’environnement matériel, là où s’exercent l’usure et l’entropie.frDétroitMichiganbiopolitiquegouvernementaliténeuroplasticitégéopolitiqueurbanismecorpsépigénétiqueclasse créativedécadencevitalitéLa transformation du territoire et de la population de Détroit au prisme de la destruction créative néolibérale: grandeur et dépérissement dans l'adaptation à la forme entrepreneurialeThesis