Oukouomi Djouonang , Gishleine2025-02-132025-02-132025-02-13http://hdl.handle.net/10393/50186https://doi.org/10.20381/ruor-30930Les études sur les femmes africaines infertiles suggèrent qu’elles sont, plus que les autres, à risque de vivre un divorce ou la polygamie. De plus, les femmes sont, plus que les hommes, les premières pointées du doigt en cas d’infertilité, et celles qui en subissent le plus les conséquences. De nombreux travaux documentent ainsi divers aspects des expériences de l’infertilité en se concentrant sur les relations de couple, sur les expériences des traitements de l’infertilité. Seulement, les expériences des citadines, notamment celles des camerounaises sont peu explorées, de même que peu de travaux tentent de saisir l’expérience de l’infertilité dans sa globalité. Pour combler cette lacune, j’adopte une approche qualitative, se concentrant principalement sur les récits de vie des femmes infertiles, complétés par quelques conversations avec des hommes. La méthodologie de recherche repose sur des récits de vie et des observations effectuées sur Facebook, et les données produites sont analysées à la lumière d’un assemblage théorique combinant les concepts de genre, de stigmate (Goffman, 1975) mais aussi la théorie des conjonctures vitales (Johnson-Hanks, 2017) et la sociologie de l’imprévisible (Grossetti, 2004). Les résultats de recherche mettent en lumière les différents aspects socioculturels, économiques, et médicaux, liés à l'infertilité chez les femmes camerounaises. Ils examinent l'influence des normes sociales, du désir d’enfant, des attentes familiales, et des pressions communautaires sur les parcours de vie des citadines camerounaises infertiles. Les récits de vie recueillis révèlent les tensions émotionnelles, les parcours étiologiques et thérapeutiques souvent complexes, et les implications psychologiques de l'infertilité au Cameroun. Par ailleurs, l'analyse des données met en lumière des stratégies d'adaptation et des formes de résilience développées par les femmes pour faire face à l'infertilité, et se construire en marge de la reproduction. En intégrant des observations sur les interactions en ligne via Facebook, cette recherche offre également un aperçu unique des façons dont les femmes utilisent les réseaux sociaux pour obtenir un soutien émotionnel et des informations médicales, tout en naviguant dans la stigmatisation associée à l'infertilité.frAttribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 Internationalhttp://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/InfertilitéFemmesEnfantsCamerounParcours de vieStigmateConjonctures vitalesParcours de vie et imprévisibilité du social : les expériences de l’infertilité par les citadines camerounaisesThesis