Cissé, Diana2025-07-212025-07-212025-07-21http://hdl.handle.net/10393/50670https://doi.org/10.20381/ruor-31255Cette recherche analyse des dynamiques de pouvoir dans le contexte du changement agraire dans une commune rurale du Sénégal. En optant pour un assemblage théorique, je répondrai aux questions suivantes: Comment l'État et ses relais locaux cherchent-t-ils à prévenir toute remise en cause de pratiques patrimoniales de l'accaparement foncier dans cette commune? Comment expliquer la relative faiblesse de la mobilisation paysanne face aux problèmes d'accaparement dans cette commune? Et pour finir, Comment expliquer l'échec des programmes de modernisation foncière dans cette même commune? La recherche étudie les différentes stratégies employées par l'État et ses relais locaux pour conserver et pérenniser un clientélisme décentralisé autour des ressources foncières de cette commune. Ce clientélisme décentralisé institué dans cette commune est hérité des gouvernances des différents chefs d'État qui se sont succédé au Sénégal depuis sa création en 1960. L'élection d'un représentant local au sein du conseil rural de la commune, opposé à ces pratiques, déclenchera un ensemble d'actions de la part du gouvernement et de ses représentants locaux pour la conservation des intérêts fonciers des différents patrons et clients. Ces ingénieries du pouvoir permettront d'écarter définitivement cet élu, de toutes futures fonctions électives dans la commune. Cette thèse analyse également les raisons permettant d'expliquer une quasi-absence de mobilisation collective contre une entreprise agro-industrielle accaparant des terres des populations locales illégalement. Ceci est caractérisé par une absence de mobilisation des ainés et à ce qui s'apparente à une infrapolitique des jeunes hommes du village. La mobilisation d'un ensemble théorique comprenant, la théorie du pouvoir de Dahl et l'infrapolitique de Scott me permet d'affirmer que l'absence de mobilisation des ainés est due aux relations de pouvoirs au sein desquelles ils sont enchevêtrés et celles-ci limitent leur champ d'action. Les jeunes hommes quant à eux opposent une mobilisation discrète à l'entreprise, principale pourvoyeuse d'emplois, pour dénoncer les postes d'ouvriers agricoles qui leur sont proposés ainsi que leurs conditions de travail. Cette thèse analyse également les manifestations de l'échec d'un programme de développement agricole, le Programme pour le Développement Inclusif de l'Agrobusiness au Sénégal (PDIDAS), lancé en 2015 par le gouvernement sénégalais. Il prévoyait des mesures pour l'attraction d'investisseurs dans neuf communes du nord du Sénégal. Ce programme de grand-modernisme foncier s'est cependant soldé par un échec qui s'explique par sa logique court-termiste et la non-prise en compte du contexte local par ses concepteurs. Ainsi, les résultats visibles du Programme dans la commune de Mbane montrent qu'aucun des objectifs affichés n'a été atteint. À partir de l'analyse de phénomènes liés au changement agraire au Sénégal, cette thèse vise à montrer que les dynamiques d'exclusions des populations locales dans ce contexte comprennent une variété de processus de domination instaurées par les acteurs qui bénéficient de ce changement agraire. Ainsi cette recherche apporte une contribution particulière sur certaines conséquences liée à la néolibéralisation du monde agraire dans un pays du Sud. Cette thèse suit le modèle d'une "thèse par articles", dont les procédures ont été définies par l'École d'études politiques. La thèse est donc structurée autour de trois chapitres 'empiriques' qui ont été soumis à des revues académiques. Il s'agit des chapitres 3, 4, et 5.frAttribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 Internationalhttp://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/accaparement des terresland grabclientélismefoncierSénégalagro-industriedéveloppementAnalyser le changement agraire dans une commune du Sénégal : clientélisme, grand modernisme et mobilisations restreintesThesis