Murat, Joseph-Christopher2020-06-192020-06-192020-06-19http://hdl.handle.net/10393/40660http://dx.doi.org/10.20381/ruor-24888Cette thèse est une étude exploratoire sur la manière dont les membres de la communauté haïtienne conçoivent le droit à travers leurs représentations du rôle de la police. Elle fait donc partie des rares études en criminologie à contribuer au concept de conscience juridique. Je propose d’abord une recension des écrits qui démontre que les communautés noires n’ont jamais été désirées au Canada, si ce n’est que pour une main-d’œuvre bon marché et une subordination économique. La recension des écrits démontre que les relations entre la police et les membres des communautés noires sont plutôt conflictuelles. Les membres des communautés noires sont plus à risque d’être tués par les forces policières que les membres de tout autre groupe au Canada. Les personnes noires sont les plus à risque de subir un contrôle d’identité, de se faire arrêter ou incarcérer. Cette dynamique assez tendue entre ces deux parties est la raison pour laquelle je cherche à savoir comment les membres des communautés noires conçoivent le droit et leurs droits lorsqu’ils sont en interaction avec la police. Mon étude se concentre plus spécifiquement sur la situation de la communauté haïtienne de la ville de Montréal. La recension des écrits souligne l’importance du phénomène du profilage racial qui est, pour plusieurs membres des communautés noires, une réalité avec laquelle ils doivent composer. La littérature propose de comprendre le profilage racial comme une pratique d’intervention de la police qui maintient les groupes racisés en position d’infériorité et sous contrôle constant pour pouvoir les distinguer de la population blanche privilégiée. Ce serait un outil de marginalisation qui permet de maintenir certains groupes racisés désavantagés socio-économiquement pour des raisons liées au capitalisme. Ce serait également la raison pour laquelle les membres des communautés noires auraient le plus faible niveau de confiance envers la police et, de manière plus large, le plus faible niveau de confiance envers le système de justice pénale. Les communautés noires font partie des groupes ayant le plus d’interactions avec la police et la littérature propose que plus une personne entre en interaction avec la police, plus elle développe une perspective négative de celle-ci. Je poursuis ensuite en intégrant ma recherche dans la théorie critique du conflit. C’est une perspective qui s’intéresse aux conflits entre les groupes qui peuvent apparaître à travers le racisme, la répartition des richesses ou l’application des lois, par exemple. Cette théorie s’inscrit plus largement dans une perspective marxiste. Ainsi, la théorie critique du conflit propose que le consensus en société n’existe pas. Ce serait plutôt le pouvoir de certains groupes qui arriverait à créer une image de consentement à certaines normes dans la société. J’explique ensuite à travers le concept d’hégémonie que les groupes dominants intègrent le droit dans la vie quotidienne des membres de la communauté à la fois par la force (la police) et par le consentement (ou un endoctrinement qui paraît naturel) des membres de la communauté. Mon échantillon compte un total de 10 jeunes adultes d’origine haïtienne âgés entre 18 et 25 ans. C’est plus précisément huit hommes et deux femmes qui ont partagé avec moi leurs différentes expériences des agents du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM). En un mot, j’en suis arrivé à comprendre que les membres de la communauté haïtienne intègrent bel et bien une hégémonie juridique et qu’ils demeurent pessimistes par rapport au droit dans la mesure où ils ont une perspective négative du droit et qu’ils voient le droit comme étant fondé sur des structures immuables qu’ils ne peuvent que subir.frPoliceProfilageBrutalitéNoirCommunauté haïtienneDroitConscience juridiqueCommunauté noireRaciséDiscriminationMarginalisationRacialisationMarxismeThéorie critique du conflitWhite privilegeRaceÉtude sur la conscience juridique de jeunes adultes de la communauté haïtienne de Montréal et de leurs relations avec les policiers du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM)Thesis