Huot, Martine2013-11-072013-11-0720052005Source: Masters Abstracts International, Volume: 44-04, page: 1619.http://hdl.handle.net/10393/26930http://dx.doi.org/10.20381/ruor-11832La relation épistolaire entre Jean-Jacques Rousseau et la comtesse d'Houdetot a ceci de particulier qu'elle se transforme en échange mortifère. Cette correspondance met en évidence la potentialité démiurgique de l'écriture épistolaire et sa dimension solipsiste. La lettre confère à l'épistolier des pouvoirs déréalisants qui lui permettent de transformer l'autre et la réalité à l'image de ses désirs. Cependant, les créations générées par l'écriture s'avèrent plus satisfaisantes. L'épistolier en vient donc à préférer l'écriture à la vie, la fiction à la réalité. L'échange fait disparaître le destinataire au profit de son double d'ancre et de papier, ce qui revient à dire que le scripteur dialogue avec lui-même par le détour d'un être fantasme. Au terme de cette double métamorphose, celle de l'autre et celle de la réalité, il ne reste plus au moi que lui-même comme partenaire et, croyant à la maîtrise parfaite de l'autre et du monde, il se suffit à lui-même comme Dieu.130 p.frLiterature, Modern.Literature, Romance.Un amour de papier ou les pouvoirs déréalisants de la lettreThesis