Belabbas, Abdel Ghani2023-08-172023-08-172023http://hdl.handle.net/10393/45300https://doi.org/10.20381/ruor-29506Notre recherche porte sur les réformes dans le système de la santé et des services sociaux qui s’inspirent de la nouvelle gestion publique (NGP) et sur les impacts engendrés par ces réformes sur les conditions de travail des intervenants sociaux du secteur de la santé et des services sociaux (SSSS), en particulier auprès des intervenants de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au Québec. Cette étude se base sur une analyse documentaire, c’est-à-dire, l’analyse spécifique de témoignages déposés à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ), communément appelée Commission Laurent en référence au nom de la présidente de la commission, Régine Laurent. Un total de 4172 professionnels dans le SSSS et les usagers de la DPJ ont partagé leur témoignage sous formes soit de rapports, courriels, appels téléphoniques, audiences publiques, mais plus précisément, nous allons nous pencher sur les deux rapports sur les forums nommés « 42 Forums » et « Votre Histoire ». Ces rapports démontrent des lacunes au sein des politiques et pratiques qui ont cours à la DPJ qui s’inspirent des réformes de la nouvelle gestion publique dans le SSSS, en particulier celles qui découlent, d’abord, du projet de la loi 25 promulguée en décembre 2003 sous l’égide de Jean Charest comme Premier ministre qui a nommé Dr. Philippe Couillard en tant que ministre de la Santé (Jacques, 2015, P.35). Ensuite, celle du projet de la loi numéro 10, promulguée sous le bâillon le 7 février 2015 sous le règne de Gaëtan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux, dans le but de fusionner tous les établissements de santé et de services sociaux dans des Centres intégrés universitaires de la santé et de services sociaux (CIUSS) et Centres intégrés de la santé et des services sociaux (CISSS) (Jacques, 2015, p.36). Ces fusions ont eu des impacts sur les conditions de travail des intervenants sociaux, en l’occurrence sur leur santé, leur sécurité, leur intégrité physique et l’épuisement au travail. Cette recherche s’inscrit clairement dans l’analyse des principaux concepts de la NGP qui se base sur six transformations structurelles qui sont : la performance ; la responsabilisation ; l’autonomie ; la sous-traitance ; le partenariat et la privatisation. Ces concepts de la NGP ont des conséquences sur les conditions de travail des intervenants, car ils se retrouvent restreints dans leur pratique, leur autonomie ainsi que dans leur marge de manœuvre au travail (Grenier & al, 2014). Ces multiples transformations dans les pratiques du travail social pourraient avoir un lien sur la détérioration de la santé mentale des intervenants (Grenier & al, 2014). À cet effet, notre recherche tente de répondre à la question suivante : « Quel est l’impact de la NGP sur les conditions de travail des intervenants sociaux de la DPJ ? ». La méthode d’échantillonnage est intentionnée, elle se fait par la collecte et l’analyse de données qui se trouvent dans les deux rapports de mémoire déposés à la Commission Laurent (2020) ainsi que ceux qui se trouvent dans le projet de la loi 10. La technique utilisée pour analyser les données se base sur l’analyse thématique de données qui se trouvent dans les deux rapports Laurent (2020). La démarche d’analyse mise en œuvre dans cette recherche utilise l’approche basée sur les postulats qui se trouvent dans l’ouvrage intitulé Street-Level Bureaucracy : Dilemmas of the Individual in Public Service, paru en 1980, par Michael Lipsky. À la suite de l’examen des résultats des deux rapports de la commission Laurent, nous avons constaté un problème sérieux au niveau des impacts des réformes dans le système de santé et de services sociaux (SSSS) sur les conditions de travail des intervenants sociaux qui œuvrent dans le SSSS, en l’occurrence sur la santé, la sécurité, l’intégrité physique et l’épuisement professionnel de ces derniers. La réforme (Barrette, 2015) dans le SSSS a des liens avec les postulats de la NGP. Cela a une incidence directe (impact) sur la détresse, non seulement des intervenants de la DPJ, mais aussi sur les usagers, puisque les intervenants de la DPJ travaillent avec un effectif réduit des grandes charges de travail qui mène à l’épuisement professionnel.frLe phénomène de l’impact de la NGP sur les conditions de travail des travailleurs sociaux qui oeuvrent au sein de la DPJResearch Paper