« Dans mes peintures je ne dis jamais je. » Autoportraits texte-image chez Leonor Fini

Description
Title: « Dans mes peintures je ne dis jamais je. » Autoportraits texte-image chez Leonor Fini
Authors: Mandia, Valérie
Date: 2020-03-26
Abstract: On connaît peu, malgré un grand nombre d’études portant sur sa peinture, le versant littéraire de Leonor Fini (1908-1996), auteure-artiste du XXe siècle qui fut liée au surréalisme, sans jamais lui appartenir. Pourtant, si ce n’est que relativement tard qu’elle commença à publier son travail littéraire, Leonor Fini a toujours écrit. De 1973 à 1994, elle publie la plupart de ses textes sous forme de livres d’artiste ou de romans qui empruntent la double voie de l’écriture et de l’expression plastique : des ouvrages qui se présentent comme une énigme à caractère fantastique dans lesquels la fonction de l’image dépasse le simple rapport illustratif au texte et provoque un bris épistémologique qui le rend parfois illisible. À ce projet de l’entre-deux poétique et pictural se greffe une identité hybride, car, dans ses textes, Leonor Fini se projette dans des identités imaginaires et fait s’entrecroiser la trame narrative et la trame de sa vie. Ainsi, son projet littéraire interroge dans un même mouvement la question du reflet et de l’appartenance tant à un genre sexuel qu’à un genre littéraire ou artistique. Dès lors, comment entrer dans ces livres hybrides? Comment les tableaux de l’artiste informent-ils ses récits à la croisée de la fiction et de l’autobiographie? Les livres de Leonor Fini ne sont-ils lisibles que pour les amateurs de son œuvre plastique? Qu’est-ce qui échappe au lecteur qui ne « voit » pas les allusions picturales et autobiographiques dans ses écrits? Pour répondre à ces questions, le premier objectif de cette thèse est de proposer un itinéraire pour entrer dans les livres de Leonor Fini afin de mieux négocier la juxtaposition de différents registres en cours de lecture. Le deuxième objectif est d’analyser les points de contact qui peuvent exister entre la peinture et l’écriture de Leonor Fini et, par leur intermédiaire, les possibles identitaires imaginés par l’artiste. Cette étude met l’accent sur deux types d’écriture du corpus finien : le premier chapitre se concentre sur trois livres d’artistes, soit Le livre de Leonor Fini (1975), Miroir des chats (1977) et Chats d’atelier (1988), dont l’écriture est plus ouvertement autobiographique; le deuxième chapitre se penche sur trois romans, soit Mourmour, conte pour enfants velus (1976), L’Oneiropompe (1978) et Rogomelec (1979), dont l’écriture relève davantage de la fiction. À ces deux types d’ouvrages correspondent deux types de présences de l’image dans le texte. D’un côté, le pictural in praesentia, majoritairement présent dans les livres d’artiste et, de l’autre, le pictural in absentia, dissimulé dans les romans. En conjuguant quelques repères théoriques et notionnels propres à l’intermédialité, à l’écriture autobiographique et à l’autoportrait peint, tels que l’iconotexte, les pactes autobiographique et pictural, la description ekphrastique et la notion d’illisibilité, cette thèse s’inscrit dans la foulée des travaux qui, depuis les années 1970, se penchent sur la production artistique des femmes surréalistes ou en marge du surréalisme. Il s’agit d’une première étude monographique sur une part appréciable du corpus finien qui met en relief l’autoreprésentation, la démarche intermédiale, l’attrait pour le surréalisme et l’androgynie de l’artiste.
URL: http://hdl.handle.net/10393/40280
http://dx.doi.org/10.20381/ruor-24513
CollectionThèses, 2011 - // Theses, 2011 -
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