La passivité comme abandon à la volonté de Dieu dans la doctrine de Madame Guyon. Enjeux et interpellations de la controverse quiétiste.

Description
Title: La passivité comme abandon à la volonté de Dieu dans la doctrine de Madame Guyon. Enjeux et interpellations de la controverse quiétiste.
Authors: Bélanger, Edith
Date: 2017-05-08
Abstract: Aujourd’hui, bien peu de personnes se souviennent de Jeanne-Marie Bouvier de la Motte Guyon. Qui fut cette femme du 17e siècle français qui a rencontré l’adversité dans l’Église catholique pour avoir, entre autres, enseigné l’importance de la passivité dans l’expérience de Dieu et qui fut, dès lors, rattachée à la doctrine hétérodoxe du quiétisme? Pour plusieurs catholiques, l’ombre du quiétisme demeure toujours sur Madame Guyon jetant le discrédit sur son enseignement. Toutefois, certains théologiens et historiens n’hésitent pas à montrer la richesse mystique qui se cache derrière la doctrine de Madame Guyon. Fort de ce constat, nous avons voulu faire part du débat sur la doctrine guyonienne en choisissant la passivité comme problématique dans l’expérience mystique de Madame Guyon. Pour ce faire, nous avons formulé l’hypothèse suivante : En dépit des accusations passées et présentes à son égard, l’idée de passivité dans les écrits de Madame Guyon ne fait pas l’objet d’un état stérile associé au quiétisme, mais traduit l’exigence de s’en remettre totalement à la volonté divine et peut être pertinente aujourd’hui. Pour confirmer notre hypothèse, nous avons structuré notre thèse en quatre points. Au chapitre premier, nous présentons quelques éléments bibliographiques du personnage de Madame Guyon pour ensuite étudier, au chapitre deux, sa doctrine et le rôle qu’elle attribue à la passivité dans l’expérience mystique. Au troisième chapitre, nous soulevons les raisons historiques pour lesquelles la passivité fut associée au quiétisme. Ceci nous permet de comprendre l’enjeu autour de l’enseignement de Madame Guyon qui n’est pas uniquement doctrinal. En effet, Madame Guyon est arrivée à un moment de l’histoire où toute nouvelle spiritualité qui prône la passivité est souvent soupçonnée de quiétisme. Mais, ce n’est pas la seule raison de sa condamnation. Madame Guyon a aussi fait face à des rivalités personnelles et politiques qui l’ont entraînée au banc des accusés. Cette conclusion nous force, au quatrième chapitre, à entrer nous-mêmes dans le débat afin de comprendre les tenants et aboutissements de la doctrine guyonienne. Dans cette dernière partie, nous analysons les réponses de Madame Guyon à ses adversaires au sujet de la passivité. Puis, nous consultons les œuvres d’autres mystiques afin de montrer dans quelle mesure la passivité guyonienne s’inscrit dans une certaine conception de la théologie catholique. Cette étude permet d’affirmer que la passivité de Madame Guyon reflète les exigences liées à une conception propre à la tradition chrétienne et que le débat, dont elle fut l’objet, ne repose pas seulement sur des bases théologiques. Ayant ainsi montré le bien-fondé de l’enseignement de Madame Guyon, nous nous penchons sur la pertinence de la passivité guyonienne aujourd’hui. De là, nous montrons les bienfaits de son enseignement pour un monde qui met en valeur l’agir dans la recherche du bonheur et pour une Église qui ignore souvent la dimension contemplative enseignée et vécue par les grands mystiques, dont fait partie Madame Guyon.
URL: http://hdl.handle.net/10393/36052
http://dx.doi.org/10.20381/ruor-20332
CollectionThèses Saint-Paul // Saint Paul Theses
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