Justice ou amitié? Les fondements aristotéliciens et épicuriens de la communauté

Description
Title: Justice ou amitié? Les fondements aristotéliciens et épicuriens de la communauté
Authors: Ranger, Jean-Philippe
Date: 2007
Abstract: Dans cette thèse, j'ai confronté la cité et la communauté d'amis pour analyser la relation entre le bien individuel et le bien commun au sein de chacune. À partir des philosophies d'Aristote et d'Épicure, j'ai montré que la vie philosophique au sein d'une communauté fondée sur l'amitié permet de dissiper la tension entre la fin de l'éthique (le bien individuel) et celle de la philosophie politique (le bien commun). Au premier chapitre, j'ai montré que la vie philosophique selon Aristote et Épicure exclut l'activité politique, suggérant ainsi que les conceptions aristotéliciennes et épicuriennes du bonheur sont individuelles. Au second chapitre, j'ai analysé la thèse de la nature politique de l'être humain. L'être humain selon Aristote doit vivre en cité pour être heureux. Certains fragments Épicuriens suggèrent que l'être humain est naturellement social et qu'il ne peut pas vivre une vie heureuse sans amis. La cité fait l'objet du troisième chapitre. La fin de celle-ci est l'élément capital sur lequel Aristote et Épicure sont en désaccord. Alors que pour Aristote, une cité naturelle vise le bonheur, pour Épicure toute cité, née d'une convention, vise la securité de ses membres. Au quatrième chapitre, j'ai montré que la communauté d'amis parfaits d'Aristote et la communauté de sages selon Épicure visent aussi le bonheur de leurs membres. Au cours du cinquième chapitre, en montrant comment la communauté d'amis est fondée sur une recherche commune de la vérité par l'activité philosophique, j'ai défendu la thèse selon laquelle l'appartenance à la communauté d'amis-philosophes permet de dépasser la tension entre le bien individuel et le bien commun. Cette thèse comporte trois conséquences au niveau historique et au niveau philosophique. Eu egard aux études aristotéliciennes, j'ai montré que le bonheur du philosophe, la plus haute forme de bonheur, se vit en communauté. Eu égard à Épicure, j'ai montré qu'il ne prescrit pas une conception strictement égoïste du bonheur. D'un point de vue philosophique, ma thèse suggère qu'entre un bonheur civique et un bonheur individualiste, il existe un moyen terme: une vie bonne et juste au sein d'une communauté philosophique fondée sur l'amitié, ou les fins de l'éthique et de la philosophie politique sont réconciliées.
URL: http://hdl.handle.net/10393/29692
http://dx.doi.org/10.20381/ruor-19858
CollectionThèses, 1910 - 2010 // Theses, 1910 - 2010
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