Une domination invisibilisée : Le vécu des femmes québécoises qui subissent du racisme anti-asiatique
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Le racisme genré envers les femmes asiatiques est encore peu documenté au Québec. Bien que les Asiatiques constituent la plus grande population minoritaire racialisée au Canada, leur position de sujet en tant qu’entité raciale collective a reçu relativement peu d’analyse empirique jusqu’à ce jour (Coloma, 2013). En fait, les femmes asiatiques sont renvoyées à l’image d’être « doublement soumise » parce qu’elles sont à la fois Asiatiques et femmes, conséquemment leur existence sociale ne constitue pas une menace pour l’ordre social et dominant (Pyke & Johnson, 2003). Elles sont donc dévaluées, invalidées et invisibilisées (Brady et al., 2017; Mayuzumi, 2015). Les recherches existantes révèlent que leur corps est constamment sexualisé, ce qui résulte d’une racialisation, sur le plan sexuel de leur identité (Mukkamala & Suyemoto, 2018; Cho, 1997). À l’aide d’une approche féministe intersectionnelle et postcoloniale, cette étude a comme objectif d’avancer les connaissances sur la question du racisme et de la charge raciale, de ses formes et de ses impacts sur les femmes asiatiques. Le cadre théorique utilisé est le racisme genré d’Essed (1991) qui explique que les femmes racialisées expérimentent simultanément du racisme et du sexisme. Cette forme unique d’oppression se manifeste souvent par des stéréotypes sexistes et racistes attribués aux femmes des communautés ethniques. À l’aide d’entretiens de groupe en ligne, les participantes (N=9) se sont exprimées sur leur réalité vécue, mettant en lumière la racialisation et l’orientalisation par les stéréotypes genrés et sexuels apposés sur elles ainsi que les violences liées à la fétichisation raciale. De même, le racial gaslight sur le plan individuel participe à leur oppression. Les femmes asiatiques ont aussi une charge raciale dont elles doivent négocier pour prévenir le racisme anti-asiatique. Néanmoins, nos résultats démontrent qu’elles possèdent une agentivité dans laquelle elles utilisent des mécanismes de résistance lors d’un propos ou d’un comportement raciste et sexiste à leur égard. Cette recherche novatrice contribue de manière significative à l’avancement des connaissances, puisque très peu de données sont disponibles sur la santé mentale de ces femmes. En conclusion, ce mémoire émet des recommandations pour l’amélioration des pratiques professionnelles du travail social, soit dans l’intervention ou dans le militantisme, afin de protéger les femmes asiatiques contre ces violences.
Mots-clés : Racisme anti-asiatique, racisme genré, femmes asiatiques, racialisation, orientalisation, fétichisation raciale, charge raciale, racial gaslight, agentivité, Québec
